Michel Barnier donne un discours sur le Brexit au Cercle Royal Gaulois Artistique & Littéraire

15-09-2017

Le 15 septembre dernier le Cercle Royal Gaulois Artistique & Littéraire organisait un déjeuner débat avec Mr. Michel Barnier, chef négociateur du Brexit et ancien Commissaire européen. Son sujet était le progrès des négociations entre les délégations européennes et britanniques.

Comme nos membres belges le savent sans doute, le Cercle Royal Gaulois, fondé au 19eme siècle, est un des clubs privés les plus prestigieux de Bruxelles. Membres de gouvernements, ambassadeurs, parlementaires, magistrats, professeurs d’université, hommes d’affaires, artistes et écrivains se retrouvent régulièrement, dans le cœur du Parc Royal de Bruxelles pour discuter de différents sujets dans un environnement propice à la réflexion. Grâce à l’adhésion au cercle de notre directeur général, le professeur Theodoros Koutroubas, qui était à Malte ce jour-là afin de rencontrer le ministre de l’éducation et de l’emploi Mr. Evarist Bartolo pour notre centre d’excellence, le CEPLIS a participé à cet événement grâce à notre conseiller politique Jr. Mr. Vincent Stoefs, qui était exceptionnellement autorisé à prendre part à un débat exclusif aux membres du club.

Les lignes ci-dessous vous donneront un court résumé de ce qui peut être rendu public du discours de Mr. Barnier.

Mr. Barnier a commencé en expliquant les raisons pour lesquelles, de son point de vue, le Royaume-Uni a voté la scission avec l’Union Européenne. Il a dessiné un parallèle entre le Brexit et le succès de Marine Le Pen et du « Front National » en France. Selon Mr. Barnier, l’UE devrait se préoccuper de son futur plus que du Brexit.

L’ancien Commissaire a comparé une liste prédisant le top 10 des économies dans le monde basée sur le PIB en 2030 et 2050 avec le top 10 des économies dans le monde en 2014. Il a insisté sur le fait que si la volonté de l’Europe est de faire partie des meilleures économies dans le monde, sa seule solution est de rester unie. Une union plus forte est, selon lui, la seule solution viable. Autrement, la seule économie européenne qui fera partie du top 10 en 2050 sera l’Allemagne. Tandis qu’une Europe unie pourrait s’arroger la troisième place du classement en 2050.

Mr. Barnier a ensuite comparé le Brexit à un divorce avec d’abord une période de séparation, ensuite une période d’adaptation et, à la fin, une troisième phase où une nouvelle collaboration entre les partenaires émerge. Un divorce n’est jamais plaisant, il est coûteux pour les deux côtés et certains points de vues opposés sont parfois irréconciliables. Mais le peuple anglais a voté et l’Europe se doit maintenant d’accepter le résultat du référendum.

Mr. Barnier a ensuite souligné les différents sujets à discuter durant les négociations. Parmi eux, se trouve la question du départ de l’EURATOM du Royaume-Uni et la question cruciale des citoyens européens vivant au Royaume-Uni, dont les droits doivent être préservés. De nombreuses personnes vont être affectées par le Brexit, il est donc capital de dépasser les premières phases des négociations qui baignent dans l’incertitude.  

Mr. Barnier a ensuite ajouté que les frontières allaient jouer un rôle clé dans les négociations. Par exemple, que va-t-il advenir des deux bases souveraines britanniques situées à Chypre appelées Akrotiri et Dhekelia qui restent sous la juridiction britannique selon les accords de Londres et de Zurich ? La frontière entre l’Irlande et le Royaume-Uni pose également question. La frontière ouverte entre les deux pays, qui forme une sorte d’espace Schengen, va maintenant nécessiter une sorte de contrôle de frontière sans pour autant marquer une frontière trop franche entre les deux Etats.

Il a ensuite abordé la question de l’implication du Royaume-Uni dans les différentes politiques au niveau européen. Comme vous le savez, lorsqu’une politique est adoptée au niveau européen, chaque Etat membre doit s’acquitter d’un financement durant plusieurs années. « Le Royaume-Uni n’y fera pas exception » a dit Mr. Barnier, qui a affirmé qu’il n’était pas question ici d’esprit de revanche, mais bien de clore les comptes.

Pour le chef négociateur, la relation entre l’UE et le Royaume-Uni ne peut fleurir que si Londres respecte les accords, les budgets et les remboursements qu’elle a acceptés auparavant. C’est essentiel pour maintenir la confiance entre les différentes parties prenantes.

Le futur de cette relation reste néanmoins incertain. Quelle sera la nature de leur collaboration à la fin de ces négociations ? Une collaboration comme celle avec la Norvège par exemple, qui fait partie de l’Association Européenne de Libre Echange (AELE) et de l’Espace Economique Européen (EEE) ? Ou plutôt comme celle avec la Turquie, qui a les accords d’une union douanière avec l’UE ? Les négociations dans ces cas-là furent plus évidentes car la volonté était de rapprocher les deux parties le plus possible, tandis qu’ici, on essaye de créer une relation plus distante.

Pour conclure, Mr. Barnier a réitéré le besoin de préserver l’intégrité du Marché Unique, le pilier sur lequel l’Union repose. Il a aussi insisté sur sa certitude que le départ des Britanniques de l’UE ne doit en aucun cas être financé par l’UE.

 

 

 

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